Face à l’accélération des transformations technologiques, aux tensions géopolitiques et à l’évolution des exigences de transparence, les conseils d’administration doivent adapter leurs compétences et renforcer leur capacité d’anticipation.
Pour sa 24e édition, le Panorama de la Gouvernance, réalisé par EY et Labrador Transparency, s’appuie sur l’analyse de plus de 150 000 informations publiques pour décrypter l’évolution des pratiques des entreprises du SBF 120. Elle met en lumière une évolution progressive des profils d’administrateurs, des politiques de rémunération et des dispositifs de contrôle.
Le Panorama de la Gouvernance 2026 en 4 chiffres clés
disposent d’au moins un administrateur ayant des compétences digitales
intègrent des critères ESG dans la rémunération variable de leurs dirigeants
mentionnent l’intelligence artificielle dans leur stratégie ou leur modèle d’affaires
publient des informations sur les incidents ou les mécanismes d’alerte liés à l’IA
Ces résultats illustrent une gouvernance qui s’adapte progressivement aux transformations de l’entreprise, mais dont certains dispositifs restent à structurer, notamment en matière d’intelligence artificielle et de maîtrise des risques.
Des conseils d'administration qui élargissent leurs compétences
des conseils du SBF 120 disposent de compétences numériques
des entreprises déclarent avoir mis en place des programmes de formation continue pour leur conseil
Les compétences financières et sectorielles restent centrales au sein des conseils d’administration. Mais les expertises liées au numérique, à l’innovation et à l’intelligence artificielle progressent. En 2026, 69 % des conseils du SBF 120 disposent de compétences numériques, contre 53 % un an plus tôt.
Cette évolution se traduit aussi dans les formations des administrateurs. La durabilité reste le premier thème abordé, tandis que les sujets technologiques, digitaux, liés à l’IA et à la cybersécurité représentent 33 % des thèmes de formation recensés.
Des engagements ESG à leur traduction concrète
des entreprises intègrent des objectifs ESG dans la rémunération variable des dirigeants
intègrent des critères ESG dans leurs dispositifs de rémunération annuelle et de long terme
L’intégration des critères ESG dans la rémunération des dirigeants est désormais largement répandue. 95 % des entreprises étudiées les intègrent dans la rémunération variable, et 91 % les prennent en compte à la fois dans les dispositifs annuels et de long terme.
L’enjeu évolue toutefois. Il ne s’agit plus seulement d’intégrer ces critères, mais de s’assurer qu’ils sont cohérents avec la stratégie de l’entreprise, mesurables et associés à une performance réelle. L’étude souligne notamment l’importance des critères quantitatifs, qui représentent 54 % des critères ESG recensés.
L’IA s’installe dans les stratégies, mais sa gouvernance reste à structurer
des entreprises mentionnent l’IA dans leur stratégie ou leur modèle d’affaires
présentent des cas d’usage de l’intelligence artificielle
décrivent une instance de pilotage de l’IA au niveau exécutif
publient des informations sur les incidents liés à l’IA ou les mécanismes d’alerte associés
L’intelligence artificielle occupe une place croissante dans les discours stratégiques des entreprises. 90 % des sociétés du panel la mentionnent dans leur stratégie ou leur modèle d’affaires, et 84 % publient des cas d’usage ou des illustrations opérationnelles.
Mais cette adoption ne s’accompagne pas encore partout d’une gouvernance formalisée. Si 58 % des entreprises décrivent une instance exécutive de pilotage, seules 22 % identifient un comité du Conseil compétent sur le sujet. Par ailleurs, 9 % publient des informations sur les incidents ou les mécanismes d’alerte liés à l’IA.
Le même enjeu se retrouve dans les dispositifs d’alerte éthique et de conformité. Si 88 % des entreprises font remonter les alertes et les résultats des investigations aux instances de gouvernance, seules 67 % publient des éléments sur la mesure de leur efficacité.
Des dispositifs d’alerte éthique dont l’efficacité doit être mieux documentée
des entreprises décrivent leur dispositif d’alerte
rendent compte aux instances de gouvernance des alertes reçues et des résultats des enquêtes
communiquent sur le volume d’alertes reçues
publient des éléments sur la mesure de l’efficacité de leur dispositif
Les dispositifs d’alerte éthique sont désormais largement décrits par les entreprises du SBF 120. Au-delà de la présentation du mécanisme, les entreprises communiquent de plus en plus sur son fonctionnement : 88 % rendent compte aux instances de gouvernance des alertes reçues et des résultats des enquêtes, soit une progression de 20 points en deux ans.
La transparence sur l’efficacité de ces dispositifs reste toutefois un axe de progression. Si 67 % des entreprises publient des éléments sur sa mesure, l’enjeu est aussi de mieux rendre compte de la manière dont les alertes sont traitées et dont les dispositifs sont évalués.
Perspectives 2027, quelles évolutions anticiper ?
Intelligence artificielle
Une transparence attendue sur les responsabilités, les usages, les risques, les contrôles et le reporting aux instances.
Composition des conseils
Une explication plus précise des critères de nomination, de la diversité des profils et de l’adéquation des compétences aux transformations.
Performance financière
IFRS 18 imposera une présentation plus structurée de la performance financière, une transparence accrue sur les indicateurs définis par le management et de nouveaux principes d’agrégation et de désagrégation.
Rémunération
Le passage de la publication d’indicateurs agrégés à la capacité de détecter, justifier et corriger les écarts.
ESG
Une montée en compétence sur les sujets ESG, en particulier sur les sujets climat ou de conformité réglementaire.
Compliance
Une démonstration plus complète de la couverture du plan, de sa supervision et de l’efficacité des mesures mises en œuvre.
- Panorama de la Gouvernance 2026
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