Lors de son intervention à la Cérémonie des Transparency Awards Ethics & Compliance 2025, la directrice de Recherches du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) Sylvie Chokron a exploré le fonctionnement cérébral de la prise de décision en entreprise. Elle détaille le rôle de l’apprentissage et de la confiance pour les organisations.
De la perception à l’action : comment le cerveau construit une décision
Sylvie Chokron nous rappelle que décider n’est jamais un acte isolé : c’est l’aboutissement d’un long cheminement cognitif. Avant d’agir, le cerveau :
- perçoit l’information,
- l’analyse
- la mémorise,
- planifie une stratégie,
- puis passe à l’action.
Cette chaîne constitue une véritable boucle décisionnelle :
perception
analyse
planification
décision
action
Comme lorsqu’on apprend à conduire, chaque étape demande d’abord une attention totale. Puis, avec l’expérience, certaines actions deviennent automatiques, permettant de gérer simultanément plusieurs signaux et imprévus.
En entreprise, cela signifie que la formation doit permettre d’automatiser certaines compétences, afin de libérer de l’espace mental pour la prise de décision.
De l’intuition au passage à l’acte
Le doute est naturel et utile, mais il doit pouvoir se transformer en action. Comme le rappelle Sylvie Chokron : « le doute est un moteur, à condition qu’il mène quelque part. »
Pour cela, les entreprises ont un rôle essentiel : fournir les outils, les formations pratiques et les cas concrets permettant aux collaborateurs de passer de la réflexion à la mise en œuvre. La théorie seule, comme un manuel, ne suffit pas. Seule l’expérience et la mise en pratique rendent l’apprentissage effectif.
L’erreur comme allié
La confiance est cruciale, tant au niveau individuel qu’organisationnel. Il est nécessaire de pouvoir se tromper et apprendre de ses erreurs. L’entreprise doit créer un environnement où l’erreur est acceptée, discutée et transformée en apprentissage, renforçant la confiance dans ses propres compétences et dans l’organisation. Sylvie Chokron insiste sur l’importance de la conscience de ses connaissances et compétences, ce qui demande du temps, de l’expérimentation et un cadre sécurisant.
La Transparence : accélérateur d’efficacité et de valeur
La Transparence ne se limite pas à dire la vérité. Informer les collaborateurs de la réalité des opérations, y compris des dysfonctionnements, permet de constituer une mémoire collective honnête et de valoriser les initiatives vigilantes. La Transparence n’affaiblit pas l’entreprise : elle renforce sa valeur en permettant à chacun de comprendre, d’agir et d’apprendre.
La Transparence devient alors un outil puissant pour favoriser la prise de décision.
Intégrer la neurodiversité pour former différemment
Sylvie Chokron souligne enfin la nécessité de tenir compte de la neurodiversité : les cerveaux fonctionnent différemment selon les individus, l’âge, la culture ou les styles cognitifs. Les outils et formations doivent donc être flexibles, pratiques et adaptés pour toucher le plus grand nombre et permettre à chacun de progresser efficacement.
L’intervention de Sylvie Chokron montre qu’agir mieux en entreprise ne dépend ni uniquement des procédures, ni uniquement des compétences individuelles. Cela repose surtout sur la manière dont nos cerveaux apprennent, interagissent, prennent confiance et transforment l’expérience en action.
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